mardi 2 septembre 2008

definition du disciple

DÉFINITION DU DISCIPLE

Plus qu'un élève

L'histoire de l'usage du mot mathetès est variée et intéressante. Il a été traduit: disciple, apprenti, étudiant et élève. Il y a un bon exemple en Luc 6.40, "Le disciple n' est pas plus que le maître; mais tout disciple accompli sera comme son maître". La Bible en français courant traduit: "Aucun élève n'est plus grand que son maître; mais tout élève complètement instruit sera comme son Maître."

En revenant à l'origine de mathetès il devient clair qu'un mathetès est plus élève ou qu'un étudiant. C'est en tout cas plus que le concept que beaucoup ont des élèves d'aujourd'hui. Dans le langage moderne, un élève ou un étudiant est simplement quelqu'un qui fait des études, ou quelqu'un qui est sous l'autorité d'un pédagogue. Mais anciennement, un mathetès (traduit à partir de maintenant par 'disciple') était bien plus qu'un élève ordinaire.

Le mot' disciple' est presque toujours employé en relation avec le mot 'maître'.Un disciple est différent d'un élève, parce qu'un disciple conforme son esprit (ses pensées) à celui (ou celles) de son maître. Tous ceux qui ont fréquenté l'école ont eu à un moment donné un maître de qui ils ont reçu un enseignement, mais il n'en découle pas nécessairement qu'ils ont conformé leurs pensées à celles de leur maître. L'étudiant n'a peut-être pas conformé ses pensées parce qu'il trouvait que le maître avait tort, ou parce que le maître était ennuyeux, ou parce qu'il était hypocrite, ou simplement parce que l'étudiant n'en avait pas envie. Beaucoup d'étudiants aujourd'hui acceptent l'enseignement de leur maître uniquement pour être en mesure de passer un examen précis, et il n'y a pas autrement de contact personnel entre l'élève et l'enseignant.

Contrairement à la situation qui vient d'être décrite, un disciple est de son côté directement dépendant de son maître (2). Le but d'une relation disciple/maître est bien plus que celle de recevoir seulement quelques informations ou directives. Le disciple recherche plutôt la communication avec son maître (3). Les philosophes grecs comprenaient bien le concept de disciple. Platon est décrit comme ayant été un disciple de Socrate. Les disciples de Socrate étaient subjugués par lui, et ils écoutaient chaque parole qu'il prononçait et observaient chacun de ses gestes, afin d'être capables d'en enseigner d'autres (4). La base de cette relation était Socrate lui-même, bien plus que la connaissance qu'il transmettait. Il était le maître autour duquel se regroupaient ses disciples. Des disciples jeunes et âgés se pressaient autour de Socrate, parce qu'il était en communion avec eux et leur permettait de partager sa vie (5). Ainsi, le disciple était quelqu'un qui conformait toutes ses pensées, ses paroles et ses actions à son maître. Dans ce contexte, les paroles de Jésus en Luc 6.40 prennent un autre relief: "Le disciple n'est pas plus que le maître; mais tout disciple accompli sera comme son maître.

Les groupes qui étaient rassemblés et avaient été enseignés par les philosophes grecs de l'antiquité ne cessaient pas d'exister après le départ ou la mort de leur maÎtre. Après sa disparition, le maître continuait à vivre en ses disciples. Les disciples avaient conformé leur vie à celle de leur maître, afin qu'il survive en eux. Ce système était efficace. Platon, disciple de Socrate, fonda l'Académie où sa philosophie et sa science continuaient à être enseignées durant 900 ans (6). Le même phénomène peut être observé en Jésus après son ascension. Jésus avait quitté la terre dans son corps ressuscité mais Il continuait à vivre, parce qu'Il vivait en ses disciples qui s'étaient conformés à Lui.

Dans le Nouveau Testament, un vrai disciple est quelqu'un qui s'est attaché à Jésus comme son Maître. Cet attachement transforme la vie du disciple. La relation ne réside pas seulement dans la connaissance des faits, mais surtout dans la personne de Jésus- Christ. C'est la responsabilité et le privilège du disciple d'être comme Lui. En devenant semblables à Lui, ils vivront pour Le reproduire en d'autres personnes. Ce sont de tels disciples dont l'Église d'aujourd'hui a besoin, si on veut vraiment accomplir la Grande Mission de "faire des disciples".

Être un disciple dans le sens chrétien, c'est vivre une relation maître / disciple basée sur le modèle de Christ avec ses disciples, dans laquelle le maître reproduit la plénitude de vie qu'il a en Christ en son élève, de telle sorte que l'élève devient capable à son tour d'instruire d'autres personnes à en enseigner d'autres (7).

Imitation du vrai Jésus

Un cantique chanté par des enfants exprime bien cette idée: Être comme Jésus, être comme Jésus Tout ce que je veux, c'est être comme Lui.

C'est là le but du disciple -être comme Jésus. Thomas à Kempis a posé ce principe important dans son ouvrage, Imitation de Jésus- Christ: "Celui qui me suit, ne marchera pas dans les ténèbres" (Jean 8.12), dit le Seigneur. Ce sont là les paroles du Christ par lesquelles Il nous dit comment nous devons imiter Sa vie et Ses manières, si nous voulons être éclairés et délivrés de tout aveuglement de notre cœur. Que notre effort principal nous porte donc à méditer sur la vie de Jésus- Christ...Mais celui qui veut comprendre pleinement et avec joie les paroles du Christ doit s'efforcer de conformer sa vie entièrement à la vie du Christs.

Si les disciples doivent être comme Christ, il est impératif qu'ils connaissent le vrai Jésus. Il est impossible pour des "disciples" d'être semblables à l'image de Son Fils (Romains 8.29), s'ils n'ont pas une bonne conception de qui Il est. Les premiers disciples de Jésus avaient eu l'occasion de L'accompagner, de Lui parler et de passer du temps avec Lui pendant qu'Il était avec eux dans sa forme corporelle. Les disciples du temps présent n'ont pas le même privilège. Et pourtant, il est toujours nécessaire qu'ils connaissent et imitent le même Jésus.

Il est possible de nos jours d'avoir une fausse conception de Jésus. Quelqu'un pourrait même croire qu'il suit Jésus, alors qu'il n'en est rien. On pourrait pratiquer une idolâtrie moderne en suivant et en adorant un simulacre de Jésus. Un disciple doit suivre et être comme le vrai Jésus, et non pas imiter une représentation personnelle qu'il se serait forgée de Lui, ou qu'il aurait reçue de quelqu'un d'autre.

Les disciples de notre temps doivent chercher à connaître le Jésus des Évangiles. Ils doivent chercher en Mathieu, Marc, Luc et Jean pour trouver le vrai et seul maître digne d'imitation et d'exaltation. Les Évangiles ne disent pas tout sur Jésus, mais ils en disent assez. "Jésus a fait encore, en présence de ses disciples, beaucoup d'autres miracles qui ne sont pas écrits dans ce livre. Mais ceci est écrit afin que vous croyiez que Jésus est le Christ, le Fils de Dieu, et qu'en croyant, vous ayez la vie en son nom" (Jean 20.30-31). Les Évangiles ne sont pas des biographies complètes, mais en les étudiant, on peut arriver à une connaissance suffisante de Jésus pour le présenter comme exemple d'imitation.

Les disciples doivent se conformer au vrai Jésus des Évangiles. R.T. France parle de portraits de Jésus qui ne sont pas complets: Plusieurs autres Jésus ont été inventés. Les théologiens libéraux du siècle dernier ont inventé un Jésus sentimental qui était tout entier pour la paix et l'harmonie et la justice sociale, le grand prédicateur de la paternité de Dieu et de la fraternité des hommes. L'humaniste moderne invente un Jésus qui est l'exemple suprême du service volontaire pour son prochain. Beaucoup d'entre nous avons été élevés dans l'idée d'un Jésus anémique, ami des petits enfants, incapable d'aucune colère ou action oppositionnelle.

Tous ces Jésus contiennent quelques traits authentiques, bien entendu. Jésus a vraiment prêché les vertus de l'amour et du pardon. Il a vraiment dénoncé l'exploitation de l'homme par l'homme, ainsi que l'injustice; il est vraiment l'exemple suprême du sacrifice de soi pour les autres; Il a encouragé les petits enfants à venir à Lui, et a recommandé d'être comme eux. Le Jésus qui a dit: "Venez à moi, vous tous qui êtes fatigués et chargés, et je vous donnerai du repos" est une merveilleuse réalité. Mais nous ne gagnons rien à escamoter l'autre aspect plus sévère du Jésus des Évangiles, le Jésus que les hommes étaient prêts à faire mourir, et pour qui ils étaient prêts de mourir, le Jésus qui était suffisamment dynamique et controversiste pour initier la révolution la plus durable que le monde ait connu (9).

Comme le Dr France l'a amplement démontré, il est possible de nos jours de recevoir une image de Jésus. Il n'est pas nécessaire que l'image soit fausse, il suffit qu'elle soit incomplète. Si les disciples d'aujourd'hui doivent être comme ceux du premier siècle, ils doivent continuer à étudier les Évangiles avec des yeux nouveaux et un cœur ouvert qui conforment leurs pensées, leurs paroles et leurs actes à ceux du vrai Jésus. Jésus est le modèle pour le disciple. Le disciple doit être comme Lui, parce que, comme le Père L'a envoyé dans le monde, ainsi Il envoie le disciple. Ce que Jésus a enseigné, le disciple doit l'enseigner. -"...et enseigner-leur tout ce que je vous ai prescrit" (Matthieu 28.20). L'apôtre Pierre résume quel est le but d'un disciple en disant, "Christ... vous a laissé un exemple, afin que vous suiviez ses traces" (1 Pierre 2.21).

Les signes distinctifs d'un disciple : Demeurer dans la parole

Il y a trois textes dans l'évangile de Jean qui parlent des signes distinctifs d'un disciple. Le premier signe d'un disciple est "qu'il demeure dans sa Parole." Jésus a dit: "Si vous demeurez dans ma parole, vous êtes vraiment mes disciples" (Jean 8.31). Demeurer dans la Parole de Jésus signifiait que le disciple devait persévérer et continuer à comprendre et saisir mentalement son enseignement. Une grande partie de l'enseignement de Jésus n'était pas comprise aisément. Souvent Jésus devait prendre ses disciples à part et leur en expliquer le sens, comme Il le fit après leur avoir raconté la parabole du Semeur en Matthieu 13.10- 23. Jésus leur demanda alors: "Avez-vous compris tout cela?" Ils lui répondirent: "Oui" (Matthieu 13.51).Leur réponse affirmative ne signifiait pas en réalité qu'ils avaient saisi toutes les vérités de Jésus comme Il le désirait. Leur réponse peut être comparée à celle d'un jeune garçon qui assistait à une étude biblique pour adultes. Quand elle était terminée, on lui demanda s'il avait compris ce qui avait été dit. Il répondit: "J'ai tout compris. Mais je ne sais pas bien ce que cela veut dire." Les disciples ressemblaient à ce garçon. Ils comprenaient Jésus jusqu'à un certain point, mais ils devaient encore progresser, écouter davantage, et observer plus attentivement avant de pouvoir vraiment saisir le message.

Pour les disciples dans les Évangiles, demeurer dans la Parole signifiait qu'ils écoutaient ce que Jésus avait à leur dire quand ils étaient avec Lui. Il était important de ne pas seulement écouter ses paroles, mais aussi de les méditer et de mettre en pratique ce qu'il disait, afin que sa parole devienne une partie d'eux-mêmes. Jésus était chair (Jean 1.14). Il s'en suivait que demeurer dans sa parole pourrait même être synonyme de l'expression "en Christ" que Paul utilise en Romains 8.1.

Le disciple qui continuerait de demeurer dans la Parole ne renierait ni ne quitterait son Maître. Quelques disciples n'étaient pas disponibles à payer le prix pour suivre Jésus. Après le discours de Jésus sur sa chair et son sang, plusieurs ont hésité à demeurer avec Lui. "Dès lors, plusieurs de ses disciples se retirèrent en arrière et cessèrent d'aller avec lui" (Jean 6.66). Un vrai disciple continuait à demeurer dans la Parole de Jésus, même si elle était difficile à comprendre ou difficile à obéir. Il le faisait parce qu'il avait confiance en Lui et devenait semblable à Lui. "Ainsi la foi vient de ce qu'on entend, et ce qu'on entend vient de la parole du Christ" (Romains 10.17).

Demeurer dans la Parole, est semblable à une plante dans la terre. Une plante doit sans cesse tirer de la terre sa subsistance. La plante ne peut vivre séparée du sol. Demeurer est encore semblable à un poisson dans l'eau. Pour vivre, le poisson doit rester dans son élément, l'eau, d'où il tire de l'oxygène à l'aide de ses ouïes (10). Si on sort le poisson de son élément, il périra. L'élément du disciple est la Parole. Il doit se maintenir dans la Parole, comme un poisson doit demeurer dans l'eau. Si un disciple est retiré de son élément, la Parole, il est comme un poisson hors de l'eau et il mourra.

Les disciples d'aujourd'hui n'ont pas le même privilège d'un échange verbal avec Jésus, comme ce fut le cas pour les disciples de l'Évangile. Pourtant, cela ne signifie pas qu'il y ait un manque de communication. jésus parle aujourd'hui à ses disciples par le moyen de sa Parole, la Bible. Un disciple de jésus- Christ aujourd'hui doit demeurer dans la Bible s'il veut être en communication avec jésus- Christ. On ne peut être un disciple sans prendre connaissance de ce que dit le Maître. Un disciple apprend toujours de son Maître, et cette relation ne peut croître à moins que le disciple ne soit à l'écoute du Maître. Comme les premiers disciples qui étaient à l'écoute des Paroles qui sortaient de la bouche de jésus, les disciples d'aujourd'hui écoutent la Bible.

La Bible fait autorité pour les disciples. "Toute Écriture est inspirée de Dieu et utile pour enseigner, pour convaincre, pour redresser, pour éduquer dans la justice, afin que l'homme de Dieu soit adapté et préparé à toute œuvre bonne" (2 Timothée 3.16-17). La Bible fait autorité pour le disciple d'aujourd'hui -tout comme les paroles prononcées par jésus le faisaient pour les premiers disciples. Le message du Nouveau Testament est la Parole de Christ pour les disciples d'aujourd'hui.

Le disciple prend Jésus au mot, et il, croit. Si nous devions réduire le mot "demeurer" à son plus petit dénominateur commun, nous choisirions le mot "obéir" (11).

Quoi qu'il dise, le disciple obéira. Même si la Parole paraît incompréhensible, le disciple l'acceptera par confiance et obéissance.

Il y a trois actions impliquées dans le fait de demeurer dans la Parole: on doit la recevoir, la méditer et la mettre en pratiquel2. La Parole est reçue quand elle est lue. Un disciple doit se nourrir chaque jour de la Parole, en réservant un moment particulier pour l'étudier régulièrement. La Parole de Dieu est également reçue quand le disciple l'écoute alors qu'elle est annoncée. Un disciple désirera écouter régulièrement la Parole quand elle est annoncée, car grâce à la prédication de la Parole, il pourra mieux l'assimiler. Mémoriser la Parole constitue aussi une part importante dans le fait de la recevoir. En mémorisant la Parole, le message de Dieu est toujours avec le disciple et peut être rappelé à la mémoire à tout moment.

La contemplation de l'Écriture se fait par la méditation. Cela implique se concentrer mentalement sur la Parole, encore et encore, jusqu'à ce que concepts et vérités fassent en quelque sorte partie du disciple. La Parole est à un tel point dans les pensées du disciple qu'elle en dirige les décisions (Colossiens 3.2). Ce n'est que par une contemplation continuelle des Écritures que le chrétien obtient "la pensée de Christ" (1 Corinthiens 2.16). Parce que Jésus mémorisa l'Écriture et la médita au point qu'elle devienne partie intégrante de sa personne, Il est capable de penser la Parole de Dieu et de la citer quand il était face à la tentation (Matthieu 4.1-11).

L'Écriture ne doit pas seulement être reçue et méditée, elle doit aussi être mise en pratique. Le message de Jésus est fait pour être vécu et pratiqué. Être appelé à devenir disciple est un mode de vie. Il ne peut suffire de juste quelques exercices mentaux. Comme dit plus haut, demeurer signifie obéir. Il en découle donc que les disciples doivent accepter la Parole et l'intégrer dans leur vie de tous les jours. "Pratiquez la parole et ne l'écoutez pas seulement, en vous abusant par de faux raisonnements" (Jacques 1.22).

Aimez-vous les uns les autres

Le deuxième signe distinctif du disciple était "qu'il s'aimaient les uns les autres". Jésus dit: "Je vous donne un commandement nouveau: Aimez-vous les uns les autres; comme je vous ai aimés, vous aussi, aimez-vous les uns les autres. A ceci tous connaîtront que vous êtes mes disciples, si vous avez de l'amour les uns pour les autres" (Jean 13.34-35).

Cette déclaration de Jésus paraît d'abord obscure par le fait qu'Il l'appelait un commandement nouveau. L' Ancien Testament aussi exhortait les gens à aimer "Tu aimeras ton prochain comme toi-même" (Lévitique 19.18), mais le commandement de Jésus est en effet différent et nouveau. Il est nouveau dans trois domaines objet, mesure et but.

Le commandement est nouveau par son objet, parce que l'objet de l'amour sont les disciples. Les disciples de Christ doivent s'aimer les uns les autres. Si Jésus n'avait formé qu'un seul disciple, Il n'aurait pas enseigné cette leçon. Une personne seule est limitée dans sa manière de refléter Christ aux autres. Un disciple a besoin d'un autre disciple pour vivre pleinement le genre d'amour que Jésus veut qu'il connaisse.

Un disciple peut et doit aimer son prochain qui n'est pas chrétien, mais ce type d'amour est limité. Un chrétien et un non-chrétien n'ont pas les mêmes objectifs, priorités et intérêts communs que deux chrétiens. Il s'en suit que l'amour d'un disciple et d'un non-chrétien n'a jamais la capacité d'atteindre le niveau le plus profond. Si donc un disciple doit trouver un amour dépassant le niveau superficiel, il doit rencontrer un autre disciple pour l'aimer.

Jésus a fondé l'Église parce que dans sa sagesse infinie Il savait que les croyants auraient besoin les uns des autres. L'amour ultime qui puisse exister entre deux êtres humains n'existe que dans le Corps du Christ. Pour cette raison, un disciple ne peut jamais être un solitaire. Il ne peut simplement se contenter d'une relation verticale, personnelle avec Dieu. Il lui faut aussi une relation saine, horizontale, avec des frères et des sœurs en Christ, "car celui qui n'aime pas son frère qu'il voit, ne peut aimer Dieu qu'il ne voit pas" (1 Jean 4.20).

Le commandement de Jésus en Jean 13.34-50 est aussi nouveau en mesure. Dans l'Ancien Testament, le commandement était aimer comme on s'aime soi-même. La déclaration de Jésus est bien plus élevée. Il dit aux disciples d'aimer comme Il a aimé -une mesure nouvelle. Jésus venait juste de faire la démonstration de son amour désintéressé en leur lavant les pieds, et Il les appelait à un service similaire. L'amour de Jésus était un amour inconditionnel. Il était comme la pluie qui tombe sur les justes et sur les injustes (Matthieu 5.45). Il n'aimait pas les gens parce qu'ils étaient aimables, mais parce qu'ils avaient tant besoin d'amour.-"...lorsque nous étions encore pécheurs, Christ est mort pour nous" (Romains 5.8). Son amour était ferme, sans restrictions. Il n'épargna même pas Sa propre vie. L'amour de Christ était basé sur autre chose que de simples sentiments; il reposait sur une volonté sans faille d'aimer les gens. Jésus appelait maintenant ses disciples à aimer dans cette mesure-là .

Le but de ce commandement est également nouveau. Le but est l'évangélisation -afin que tous sachent que ceux-ci sont des disciples de Jésus. Les disciples du Christ devraient pouvoir être identifiés par les non-chrétiens, grâce à l'amour qu'ils ont les uns pour les autres. Pour la plupart des groupes humains, les normes sont des divisions et le conflit. L'union et l'amour des chrétiens impressionnent par le tableau différent qu'ils offrent au monde et sont un témoignage pour les non-chrétiens. Jésus pria pour cet amour et cette unité quand Il était au jardin de Gethsémané, parce qu'Il savait que les gens ne croiraient pas, à moins qu'il n'y ait de l'amour chez ses disciples et chez ceux qui croiraient grâce à leur témoignage.

"Ce n'est pas pour eux seulement que je prie, mais encore pour ceux qui croiront en moi par leur parole, afin que tous soient un; comme toi, Père, tu es en moi, et moi en toi, qu'eux aussi soient (un) en nous, afin que le monde croie que tu m'as envoyé" (Jean 17.20-21).

S'aimer les uns les autres est une caractéristique fondamentale des disciples. Ainsi, un disciple doit faire partie d'une église et manifester de l'amour pour ses frères et sœurs dans l'assemblée. C'est l'amour des uns pour les autres qui attire l'incroyant à Christ et rend possible sa future qualité de disciple. Trop de chrétiens sont critiques, contempteurs et médisants. Ce comportement est contraire à l'amour unique que Jésus veut pour ses disciples. Les disciples de Jésus s'aiment les uns les autres.

Porter du fruit

Le troisième signe distinctif du disciple dans l'Évangile de Jean est le fait de "porter du fruit". Jésus a dit: "Mon Père est glorifié en ceci: que vous portiez beaucoup de fruit, et vous serez mes disciples" (Jean 15.8). La preuve que quelqu'un est ou n'est pas un disciple, c'est le fruit qu'il porte.

La clé pour porter du fruit se trouve au verset sept demeurer. "Si vous demeurez en moi...et vous serez mes disciples" (Jean 15.7-8). A nouveau, le disciple doit demeurer en Jésus pour porter du fruit "car sans moi, vous ne pouvez rien faire" (Jean 15.5). Le disciple doit se rendre compte qu'il est entièrement dépendant de Jésus, et que par lui-même et de lui-même il ne peut rien faire. Mais en demeurant en Jésus le disciple peut porter beaucoup de fruit.

Que signifie "porter du fruit"? Une des interprétations serait évangéliser et gagner des gens à Christ. C'est ce que Paul veut dire quand il écrit à l'église de Philippes. "Mais si en continuant à vivre je peux encore accomplir une œuvre utile" (Philippiens 1.22- Version: Bible en français courant). Dans ce passage, Paul pense que s'il est libéré de la prison et peut retourner à Philippe, il va pouvoir gagner encore beaucoup de personnes à Christ. Une autre interprétation de "porter du fruit" pourrait être de se revêtir des vertus que Paul appelle le fruit de l'Esprit. "Mais le fruit de l'Esprit est: amour, joie, paix, patience, bonté, bienveillance, fidélité, douceur, maîtrise de soi: la loi n'est pas contre de telles choses"(Galates 5.22-23). On pourrait se servir de cette deuxième interprétation pour en déduire que "porter du fruit" n'est pas évangéliser. Pourtant, ce n'est pas parce que Paul a envoyé le mot "fruit" avec un sens particulier dans ses lettres qu'il faut nécessairement associer ce mot à la signification de Jésus en Jean 15.

Pour comprendre le sens de "porter du fruit", le contexte du chapitre doit être analysé. Il y a trois concepts qui se complètent en Jean 15. Ils sont: demeurer dans l'amour du Père, garder ses commandements, et porter du fruit. Ces trois sont comme les pieds d'un trépied. Ils se soutiennent mutuellement. Si quelqu'un aime Dieu, il garde ses commandements, et ses commandements ne sont pas pénibles (l Jean 5.3). Si les commandements de Dieu sont respectés, le disciple porte du fruit. C'est ce que Jésus veut dire dans la Grande Mission quand Il dit: "et enseignez-leur à garder tout ce que je vous ai prescrit" (Matthieu 28.20). Quand quelqu'un obéit et enseigne tout ce que Jésus a commandé, il porte du fruit. Cela n'inclut pas seulement vivre une vie vertueuse, mais aussi faire des disciples d'autres personnes, car c'est cela qu'ils ont vu faire par Jésus. Quand quelqu'un porte du fruit, son amour pour Dieu augmente, et il est rempli de reconnaissance pour la façon dont Dieu a changé sa vie en faisant de lui un disciple portant du fruit. Son amour plus grand le rend plus zélé pour obéir aux commandements de Dieu, et le résultat en est qu'il porte encore plus de fruit. Ce cycle se répète sans fin, jusqu'au résultat final qui est la maturité spirituelle. La maturité en Christ ne peut être achevée sans porter de fruit. Donald Grey Barnhouse dit très justement: "Il y a ceux qui parlent, prêchent et tiennent des multitudes de réunions, mais il n'y a pas de fruit. L'activité n'est pas un substitut pour porter du fruit!"13

On posa cette question à Pierre, "Toi aussi, n'es-tu pas un disciple de cet homme?" (Jean 18.17). C'est une bonne question que tout chrétien doit se poser. Comment peut-on être sûr qu'une réponse affirmative soit vraie? Trois choses doivent être évidentes dans la vie du disciple: demeurer dans la Parole, s'aimer les uns les autres et porter du fruit.