jeudi 30 octobre 2008

CINQ RÈGLES POUR INTERPRÉTER LA BIBLE COMMENT DISPENSER DROITEMENT (INTERPRÉTER) LA PAROLE DE VÉRITÉ ?

CINQ RÈGLES POUR INTERPRÉTER LA BIBLE
COMMENT DISPENSER DROITEMENT (INTERPRÉTER) LA PAROLE DE VÉRITÉ ?

L’apôtre Paul adresse l’exhortation suivante au jeune évangéliste Timothée : « 15
Efforce-toi de te présenter devant dieu comme un homme qui a fait ses preuves, un ouvrier
qui n’a pas à rougir et qui dispense avec droiture la parole de la vérité. » (2 Timothée 2, 15)
De ce texte, il ressort plusieurs grands principes que nous ferions bien d’apprendre et
d’appliquer sérieusement dans notre étude des Saintes Écritures :
1) Premièrement, nous comprenons de ce texte que nous devons nous présenter devant
Dieu comme des hommes (et des femmes) qui ont fait leurs preuves, c’est-à-dire
comme ceux qui sont mis à l’épreuve et qui sont trouvés dans défaillance et ainsi
approuvés par leur Maître.
2) Deuxièmement, nous voyons que ce n’est pas devant les hommes qu’il faut trouver
l’approbation, mais devant Dieu. Paul écrit aux Galates : « 10 Et maintenant, est-ce la
faveur des hommes que je désire, ou celle de Dieu ? Si je plaisais encore aux hommes,
je ne serais pas serviteur de Christ. » (Galates 1, 10)
Il écrit encore aux Corinthiens : « 3 Pour moi, il m’importe fort peu d’être jugé par
vous, ou par une juridiction humaine. Je ne me juge pas non plus moi-même, 4 car je n’ai
rien sur la conscience ; mais ce n’est pas pour cela que je suis justifié. Celui qui me juge c’est
le Seigneur. » (1 Corinthiens 4, 3.4)
« 9 C’est pour cela aussi que nous mettons notre point d’honneur à lui être agréables,
soi que nous demeurions (dans ce corps), soit que nous le quittions. 10 Car il nous faut tous
comparaître devant le tribunal du Christ, afin qu’il soit rendu à chacun d’après ce qu’il aura
fait dans son corps, soit en bien, soit en mal. » (2 Corinthiens 5, 9-10)
3) Troisièmement, nous apprenons de notre texte qu’il faut nous efforcer d’être
approuvés devant Dieu. Une vie agréable devant Celui à qui nous devons rendre
compte ne se réalise pas sans peine ni sans effort de notre part. C’est pourquoi l’apôtre
Pierre exhorte les chrétiens à faire tous leurs efforts pour joindre à leur foi les grandes
qualités qui sont essentielles à la vie chrétienne, et il leur dit : « 5 C’est pourquoi
frères, efforcez-vous d’autant plus d’affermir votre vocation et votre élection ; 10 en le
faisant, vous ne broncherez jamais. » (2 Pierre 1, 5.10)
4) Nous voyons en quatrième lieu qu’il faut nous efforcer à nous présenter devant Dieu
comme des ouvriers qui n’ont point à rougir. Le chrétien, en effet, est appelé pour
travailler dans la vigne du Seigneur (Matthieu 20, 1). Paul écrit aux Corinthiens : « 9
Car nous sommes ouvriers avec Dieu. […] 58 Ainsi, mes frères bien-aimés, soyez
fermes, inébranlables, progressez toujours dans l’oeuvre du Seigneur, sachant que
votre travail n’est pas vain dans le Seigneur. » (1 Corinthiens 3, 9 ; 15, 58)

5) Et en dernier lieu, nous apprenons du texte que nous avons cité qu’il faut dispenser
droitement la parole de la vérité. Il y a donc une manière droite d’étudier et de
comprendre la parole de Dieu, ainsi qu’une façon droite de l’enseigner aux autres.
Faute de dispenser droitement la parole de Dieu, les hommes tombent souvent dans
des erreurs et dans des interprétations fausses des Écritures Saintes, et celles-ci sont en grande
partie responsables de l’état de division dans le monde religieux. Nous ne pouvons donc pas
mieux faire que de chercher le moyen pour bien comprendre les enseignements bibliques et
pour les appliquer à nos besoins personnels.

LA BIBLE EST UN TÉMOIN

Pour étudier droitement la parole de Dieu, il est toujours nécessaire de nous poser
certaines questions qui nous aideront à tirer de chaque texte, de chaque verset même de la
Bible, des conclusions exactes et précises.
Par exemple, il faut toujours se demander à l’égard de chaque passage : “Qui est-ce
qui parle ?” La Bible est un témoin fidèle de tout ce qu’elle relate, la Bible rapporte non
seulement les paroles de Dieu, mais aussi les paroles des hommes, voire des hommes injustes
et méchants. Elle donne le récit parfois des propos de Satan. L’étudiant sérieux des saintes
Écritures voudra toujours savoir qui a prononcé les paroles d’un texte avant d’en faire usage.
Il faut aussi se poser la question, à savoir : “À qui parle-t-on ?” Quoique toute la Bible
soit inspirée par Dieu, tout ce qui est écrit dans la Bible n’a pas été adressé directement à tous
les hommes. Dieu a commandé à Noé, par exemple, de construire une arche pour sauver sa
famille du déluge, mais il va de soi que cet ordre n’est pas pour les hommes d’aujourd’hui.
Dieu appela Abraham hors de son pays natal pour aller en Canaan, mais cet appel ne s’adresse
pas aux hommes à l’heure actuelle. Ainsi, quoiqu’il y ait dans ces histoires anciennes certains
principes et leçons qui sont valables pour nos jours, et que ces personnages de l’antiquité
peuvent nous servir d’exemples, ce que Dieu leur a demandé de faire ne s’applique pas à
nous.
Une troisième question qu’il faut se poser à l’égard de chaque texte de la Bible est
celle-ci : “Pendant quelle ère cette parole ou cet ordre furent-ils prononcés ?” Dans l’histoire
biblique, il y a trois périodes distinctes qu’il ne faut pas confondre. Il y a l’ère patriarcale, qui
dura depuis la création du monde jusqu’au moment où les Israélites sortirent du pays
d’Égypte sous l’égide de Moïse. Alors commença l’ère mosaïque, qui dura jusqu’à la mort du
Christ et qui embrassait uniquement le peuple d’Israël. Enfin, l’ère chrétienne, inaugurée par
la mort et la résurrection du Christ, continuera jusqu’à la fin des temps. Cette dernière période
est l’ère de grâce, régie par l’Évangile de notre Seigneur Jésus-Christ, sous laquelle nous
vivons actuellement.
Puisqu’il en est ainsi, les prescriptions et les ordonnances des ères précédentes n’ont
aucune application en ce qui nous concerne. Paul nous assure que la loi mosaïque, avec ses
commandements et ses prescriptions, fut clouée à la croix avec le Christ et que nous ne
sommes plus tenus de la suivre (Colossiens 2, 14-17). Les sacrifices d’animaux, les fêtes et
les rites mosaïques, les sabbats, et toute autre partie de cette loi sont abrogés. La nouvelle
alliance de Jésus-Christ n’est entrée en vigueur qu’après sa mort (Hébreux 9, 16.17), donc le
salut nous est accordé uniquement selon les stipulations de l’Évangile et non selon les oeuvres
et les cérémonies de l’Ancien Testament.

QUEL EN EST LE CONTEXTE ?

Il faut de plus nous poser une quatrième question concernant chaque texte de la Bible,
à savoir : “Quel en est le contexte ?” Faute de tenir compte du contexte, nous encourons le
risque de nous induire en erreur dans notre interprétation. On pourrait faire dire n’importe
quoi à la Bible en tirant des textes hors de leurs contextes. C’est là une façon de tordre le sens
des Écritures, Pierre dit à ce sujet : « … 16 les personnes ignorantes et mal affermies tordent
le sens […] pour leur propre perdition. » (2 Pierre 3, 16)
Malheureusement, il y en a pas mal à l’heure actuelle qui ne se gênent pas de se servir
des textes bibliques de cette manière dans un essai pour appuyer leurs thèses ou leurs
doctrines particulières et non-bibliques. Mais, arracher un texte de son contexte, ce n’est
qu’un prétexte. Nous ne pouvons jamais être sûrs du vrai sens d’un passage des Écritures si ce
n’est en l’étudiant dans son propre contexte, en tenant compte de ce qui le précède et de ce qui
le suit.

TENIR COMPTE DE TOUS LES TEXTES

La cinquième question qu’il faut se poser est de savoir s’il y a d’autres textes dans la
Bible qui traitent le même sujet. Nous devons être tout à fait disposés à accepter tout ce que la
Bible enseigne, et il faut nous garder de ne croire ou de ne suivre qu’une partie seulement de
l’enseignement biblique. Parfois un auteur inspiré, pour accentuer une des conditions du salut,
ne cite pas dans un tel verset tout ce qui est nécessaire pour être sauvé, puisque les autres
conditions sont sous-entendues. Nous lisons, par exemple, en Actes 16, 31 ces paroles
adressées au geôlier de Philippes : « 31 Crois au Seigneur Jésus et tu seras sauvé, toi et ta
famille. » Il n’est pas mentionné dans ce verset la nécessité du repentir, ni du baptême, et
pourtant, en continuant la lecture du contexte, nous voyons que Paul lui annonça la parole du
Seigneur, que le geôlier fit acte de repentir en lavant les plaies de Paul et de Silas, et qu’il fut
baptisé, lui et tous les siens, à cette même heure de la nuit (Actes 16, 32-33). Ainsi, le
contexte nous montre que toutes ces conditions étaient nécessaires, et d’autres passages du
Nouveau Testament nous prouvent qu’il en est ainsi.
Il y a aussi des textes qui parlent de la repentance sans citer la croyance ou le
baptême. Par exemple, nous lisons en Actes 11, 18 que les disciples à Jérusalem
« 18 glorifiaient Dieu, en disant : Dieu a donc accordé la repentance aussi aux païens, afin
qu’ils aient la vie. » Devons-nous tirer la conclusion, de ce verset, que seule la repentance est
requise pour avoir la vie, et que la croyance et le baptême n’y sont pour rien ? Certainement
pas, parce que ces conditions sont clairement enseignées dans d’autres passages.
De même, il y a des textes qui parlent du salut par le baptême, sans mentionner ni la
croyance, ni le repentir. Pierre écrit dans sa première épître : « 21 C’était une figure du
baptême [l’eau du déluge] qui vous sauve, à présent, et par lequel on ne se débarrasse pas de
la souillure de la chair, mais qui est la demande adressée à Dieu d’une bonne conscience, par
la résurrection de Jésus-Christ. » (1 Pierre 3, 21)
Sommes-nous alors justifiés de conclure, en lisant ce verset, que seul le baptême est
nécessaire pour le salut ? Évidemment pas, car il y a d’autres passages qui soulignent la
nécessité de croire, de se repentir et de confesser son nom (Matthieu 10, 32-33). Ainsi, nous
sommes amenés à comprendre, en tenant compte de tous les textes qui traitent le sujet du salut

en Jésus-Christ, qu’il faut croire (Matthieu 16, 16 ; Jean 6, 28-29 ; 1 Timothée 3, 16), se
repentir (Luc 13, 3.5), confesser son nom (Actes 8, 38) et se faire baptiser (immerger comme
adulte ou au moins l’âge de raison pour le pardon ou rémission des péchés [Actes 2, 38 ; 22,
16 ; 1 Pierre 3, 21 ; Romains 6, 3]) pour être sauvé.
En terminant notre étude, gardons en esprit les cinq questions que nous devons poser à
l’égard de chaque passage de l’Écriture sainte.
1) Qui est-ce qui parle ?
2) À qui parle-t-il ?
3) Pendant quelle ère cette parole fut-elle prononcée ?
4) Quel en est le contexte ?
5) Y a-t-il d’autres enseignements dans la Bible traitant le même sujet ?
En suivant ces simples règles d’étude, nous pouvons dispenser droitement la parole de
la vérité dans son application à notre vie personnelle et en l’enseignant aux autres.