CHRIST EST-IL DIVISÉ ?
Le dix-septième chapitre de l’Évangile selon Jean nous ouvre le coeur du Christ de la manière la plus poignante. Nous sommes dans le jardin dont la paix sera troublée dans quelques instants par l’arrivée de la meute sous la conduite du traître. Dans quelques heures, Jésus de Nazareth sera crucifié pour la rédemption des hommes. Il pense à son oeuvre. Il pense à ses disciples et qui croiront en Lui – et il prie pour eux. « 20 Ce n’est pas pour eux seulement que je prie, mais encore pour ceux
qui croiront en moi par leur parole, 21 afin que tous soient un, comme toi, Père, tu es en moi et comme je suis en toi, afin qu’eux aussi soient un en nous, pour que le monde croie que tu m’as envoyé. 22 Je leur ai donné la gloire que tu m’as donnée, afin qu’ils soient un comme nous sommes un – 23 moi en eux et toi en moi – afin qu’ils soient parfaitement un et que le monde connaisse que tu m’as envoyé et que tu les as aimés comme tu m’as aimé. » (Jean 17, 20-23)
La ferveur de cette prière est bouleversante. Elle exprime une grande préoccupation – celle de l’unité parfaite de tous les croyants. C’est une préoccupation car l’unité n’est pas quelque chose qui va de soi. Ça ne se fait pas tout seul, l’unité ! Et lorsqu’elle est en train de se réaliser, il faut constamment veiller à ce qu’elle soit préservée. C’est donc un effort. C’est souvent un combat.
UN COEUR UNE ÂME
L’importance de l’unité est soulignée dans toute la Bible. Écoutez David qui chante dans un de ses Psaumes : « 1 Voici, oh ! Qu’il est agréable, qu’il est doux pour les frères de demeurer ensemble ! » (Psaume 133, 1)
Le prophète Amos, dans le langage direct qui le caractérise, pose cette question logique : « 3 Deux hommes font-ils route ensemble sans s’être concertés ? » (Amos 3, 3) Et lorsque l’Église sera fondée, dans les premiers jours qui marquèrent son existence, un témoin rapporte que « 32 la multitude de ceux qui avaient cru n’était qu’un coeur et qu’une âme » (Actes 4, 32)
Cependant, comme nous l’avons vu plus haut, l’unité doit être protégée car elle est sans cesse menacée. Aussi les lettres aux églises, que préserve le Nouveau Testament, contiennent-elles de nombreuses exhortations sur le sujet de l’unité. Dans leur douloureuse ferveur, elles continuent la prière du Christ.
L’apôtre Paul, par exemple, écrit du fond de sa prison : « 4 Je vous exhorte, moi le prisonnier dans le Seigneur, à marcher d’une manière digne de la vocation qui vous a été adressée, en toute humilité et douceur, avec patience, vous supportant les uns les autres avec charité, vous efforçant de conserver l’unité de l’esprit par le lien de la paix. » Puis il ajoute : « Il y a un seul corps (Il s’agit de
l’Église) et un seul Esprit, comme aussi vous avez été appelés à une seule espérance par votre vocation ; il y a un seul Seigneur, une seule foi, un seul baptême (immersion), un seul Dieu et Père de tous qui est au-dessus de tous, et parmi tous et en tous. » (Éphésiens 4, 4-6)
L’apôtre avait parlé au nom de Dieu. L’unité des croyants, ainsi exprimée, fait partie du plan de Dieu. Cependant, très tôt dans l’histoire de l’Église, l’adversaire commença à jeter la discorde entre les frères. C’était là, et c’est encore, sa stratégie la plus perfide et la plus efficace : diviser pour mieux régner. « 29 Je sais, » avait dit l’apôtre Paul, « 29 qu’il s’introduira parmi vous après mon départ des loups cruels qui n’épargneront pas le troupeau et qu’il s’élèvera du milieu de vous des hommes qui enseigneront des choses pernicieuses, pour entraîner les disciples après eux... » (Actes 20, 29-30). Le cri d’alarme est déjà jeté par les apôtres. À peine trente ans après l’établissement de l’Église à Jérusalem, la division, ce monstre à plusieurs têtes, faisait son apparition.
UN MÊME LANGAGE
Dans sa lettre aux Corinthiens, l’apôtre Paul implore : « Je vous exhorte, frères, par le nom de notre Seigneur Jésus-Christ, à tenir tous un même langage, et à ne point avoir de divisions parmi vous, mais à être parfaitement unis dans un même esprit et dans un même sentiment. »
Que s’était-il passé exactement ?
« 10 Car, mes frères, j’ai appris… qu’il y a des disputes au milieu de vous. Je veux dire que chacun de vous parle ainsi : Moi, je suis de Paul ! – et moi, d’Apollos ! – et moi de Céphas ! – et moi de Christ ! – Christ est-il divisé ? Paul a-t-il été crucifié pour vous ou est-ce au nom de Paul que vous avez été baptisés ? » (1 Corinthiens 1, 10-13)
Peut-on être plus catégorique que cela ?
“Il est difficile de méditer ces vérités” écrit le professeur Jean Héring dans son commentaire,
“sans s’étonner que des chrétiens qui connaissaient cette épître aient jugé bon d’accepter le nom de Dominicains ou de Franciscains, de Luthériens, de Calvinistes ou de Wesleyens – Ce sont là en effet des noms de partis qui glorifient un fondateur humain. Quelles que soient les excuses ou les raisons que l’on puisse invoquer pour justifier ces appellations diverses, il est très probable que les Corinthiens avaient déjà essayé de les faire valoir. Ils n’en méritèrent pas moins la sévère et
douloureuse réprimande de l’apôtre Paul, car cette attitude est violemment contrarie à la volonté de Dieu. Elle déchire le Christ en lambeaux et chacun veut se prétendre meilleur que les autres en voulant porter un autre nom que les autres.”
Nous voici donc aujourd’hui, malgré les injonctions et les mises en garde répétées des apôtres, avec plusieurs centaines de sectes et d’églises qui toutes portent un nom différent. Elles ont des doctrines différentes. Elles tissent toutes leurs propres traditions dont elles sont jalouses. Elles développent presque toujours un vocabulaire ou une manière de s’exprimer qui les différencie des autres. Ainsi se consolident toujours davantage les murs de séparation.
Dans cette confusion, plusieurs attitudes se forment :
1. Il y a d’abord ceux qui affirment que tous les autres, à l’exception d’eux-mêmes, sont dans l’erreur. Ils sont seuls détenteurs de la Vérité. L’unité ne peut se réaliser qu’en adhérant à leur système de doctrine.
2. Il y a ceux qui cherchent à réduire les murs de séparation. Ils cherchent sincèrement le dialogue avec les autres… pour apprendre à se connaître, à se comprendre et pour examiner les divergences. Ils veulent se rapprocher du Vrai, sans compromis. Cette attitude est louable.
Elle est saine. Elle doit être vivement encouragée.
3. Il y a ensuite ceux qui pensent que cette multiplicité d’Églises est une bonne chose. Puisque les hommes diffèrent quant à leur origine, leur milieu, leur instruction, leurs goûts, n’est-il
pas logique qu’ils s’affilient à des églises différentes, chacun choisissant celle qui lui convient le mieux ? Choisissez l’église de votre choix et remerciez le Seigneur qu’une telle diversité vous soit offerte.
Cette idée, qui résous d’un seul coup la question de la division religieuse, en la justifiant, est totalement étrangère à la Bible. Nombreux pourtant sont ceux qui y souscrivent car elle est séduisante. Il faut l’avouer. Nous verrons en quoi elle est aussi dangereuse. C’est comme si l’apôtre Paul avait écrit aux Corinthiens : « Que vous vous réclamiez de Paul, d’Apollos, peu importe ! Ce sont de toute manière autant de chemins qui mènent à Christ. Je vous exhorte seulement à vivre en
paix les uns avec les autres. »
COEXISTENCE OU UNITÉ
Sur cette base, des associations se forment au nom de l’unité. Elles groupent dans un même effort diverses Églises professent des doctrines différentes et même parfois contradictoires. Au sein de cette union, elles coexistent pacifiquement. Mais est-ce réellement l’unité pour laquelle le Christ avait prié ?!
Voici par exemple une assemblée de gens sincères qui croient sincèrement que les chrétiens doivent continuer de se réunir le jour du Sabbat, c’est-à-dire le samedi, comme les Juifs. D’autres croient que le jour de Seigneur est le premier jour de la semaine, le dimanche, car c’est ce jour-là que le Christ est ressuscité.
Voici un autre groupe qui croit que pour être sauvé, il suffit de croire en Christ. D’autres, non moins sincères, trouvent que les Écritures insistent non seulement su la foi, mais aussi sur les oeuvres de la foi, autrement dit sur l’obéissance.
Ceux-ci pensent que le baptême doit être administré comme aux premiers temps, par
immersion, rappelant la mort et la résurrection du Seigneur, et qu’il est une des conditions de la rémission des péchés. Ceux-là ne tiennent pas le rite extérieur pour essentiel. Ils affirment qu’il suffit d’un simple assentiment de l’esprit pour plaire à Dieu car ce baptême est reçu dans le coeur.
Ici, on baptise les enfants nouveau-nés. Là, on n’accepte au baptême que ceux qui sont capables de faire profession de foi, qui sont donc en état de comprendre la signification de leur baptême.
Ont-ils tous raison ? Sont-ils tous dans la Vérité ?
Au nom de l’unité, doit-on fermer les yeux sur ces divergences ? Doit-on abandonner tout espoir de comprendre les choses de la même manière ? Doit-on se résoudre à justifier la division comme une chose voulue de Dieu ?
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LA CAUSE DE LA DIVISION
Avant de répondre à ces questions, je crois qu’il serait utile d’examiner brièvement les causes profondes de l’émiettement religieux dont nous souffrons aujourd’hui. Il est évident que Dieu n’a pas voulu que les choses en arrivent là. La division est un mal. Elle est une oeuvre du diable. C’est l’homme qui est responsable et non Dieu. Je crois sincèrement que Dieu nous a donné les éléments nécessaires et suffisants pour que nous puissions être unis. Car, dans sa prière, le Christ n’a pas
demandé l’impossible !
Dans d’autres domaines, il y a des vérités immuables. 2 et 2 ont toujours fait 4. 2 et 2 n’a jamais été égal à 7 ni à 9. De même, la terre a toujours été ronde, même si certains s’obstinent à la croire plate. Dans le domaine de la religion, je crois aussi qu’il y a un corps de vérités ; et de doctrines qui peut forger notre unité à condition que nous le gardions tel qu’il nous a été transmis, intact et complet.
À cet égard, l’apôtre Paul avait écrit : « 1 Je vous rappelle frères, l’Évangile que je vous ai annoncé, que vous avez reçu, 2 dans lequel vous avez persévéré, et par lequel vous êtes sauvés, si vous le retenez tel que je vous l’ai annoncé ; autrement vous auriez cru en vain. » (1 Corinthiens 15,
1-2) « … 2 autrement vous auriez cru en vain. »
Si l’apôtre Paul revenait parmi nous, il trouverait dans le “christianisme” des doctrines et des croyances qui lui sont totalement étrangères – et des millions de gens qui les professent – Pourquoi ?
Parce qu’ils ne se sont pas contentés du message simple et clair du Christ et de ses apôtres, tel qu’il a été préservé dans le Nouveau Testament. Ils lui ont juxtaposé les commentaires de l’Église,
accumulés au cours des siècles – ce que l’on appelle la tradition. D’autres, se sont laissés guider par leur intelligence, rejetant tout ce qui dans les Écritures répugnait à leur raison. D’autres encore ont essayé de figer dans un Credo ou une Confession de Foi ce qu’ils considéraient comme l’essentiel de
la Révélation.
Évidemment, ces grandes catégories se subdivisent en multiples nuances. L’anomalie de ces positions est évidente.
La tradition, par exemple n’a jamais pu constituer un fondement pour l’unité. Elle est changeante, souvent en conflit avec elle-même, et, ce qui est plus grave, en conflit avec les Écritures.
Comme elle prend, dans la pratique, la place que devraient occuper les Écritures, ceux qui s’en réclament méritent cette réprimande du Christ : « 8 Vous abandonnez le commandement de Dieu et vous observez la tradition des hommes. » (Marc 7, 8)
Quant à la raison humaine, dans son orgueil elle n’entend pas la parole du Créateur révélée au prophète : « 8 Mes pensées ne sont pas vos pensées et mes voies ne sont pas vos voies. Autant les cieux sont élevés au-dessus de la terre, autant mes pensées sont élevées au-dessus de vos pensées et mes voies au-dessus de vos voies. » (Ésaïe 55, 8) « 23 La voie de l’homme n’est pas en son pouvoir. » (Jérémie 10, 23)
En ce qui concerne les Confessions de Foi diverses qu’ont rédigées de nombreuses Églises, elles contribuent aussi à la division. Elles sont, dans la pratique, la constitution de ces églises, et revêtent plus d’importance que la Bible elle-même, comme si elles étaient, comme Elle, inspirées et infaillibles.
D’ailleurs, si une Confession de Foi ou un Credo contient plus que le Nouveau Testament, il en contient trop. Si un Credo contient moins que le Nouveau Testament, il n’en contient pas assez. Et s’il en contient autant que le Nouveau Testament, il est absolument superflu.
LA BIBLE DOIT ÊTRE NOTRE SEUL GUIDE
C’est la Bible qui doit être notre guide suprême en matière de religion. Elle doit être notre seul credo, notre seule mesure, notre seul critère.
C’est à cette condition-là que nous pourrons un jour accéder à cette unité pour laquelle le Christ a prié – du moins, c’est la première et indispensable étape dans cette direction.
En second lieu, les croyants doivent renoncer à quelque nom de parti que ce soit. S’ils se réclament du Christ, qu’ils portent son nom ! Qu’ils s’appellent : chrétiens – tout court.
Troisièmement, ils doivent avoir le courage d’accepter le seul baptême (l’immersion) que le Christ a prescrit aux croyants pour le pardon de leurs péchés. « 16 Celui qui croira », avait dit Jésus « 16 et qui sera baptisé sera sauvé. Celui qui ne croira pas sera condamné. » (Marc 16,16) « 38 Repentez-vous et que chacun de vous soit baptisé au nom de Jésus-Christ pour le
pardon de vos péchés et vous recevrez le don du Saint-Esprit. » (Actes 2, 38)
Les croyants doivent enfin retrouver le culte des premiers chrétiens, tel qu’il se trouve décrit dans le Nouveau Testament.
Nous venons d’évoquer dans les grandes lignes les causes profondes de la division religieuse – à savoir le fait que nous n’invoquons pas tous la même autorité en matière de religion, et que dans cette situation il est inévitable que nous soyons divisés.
Mais ce qui me semble particulièrement pénible à supporter, c’est la division parmi ceux qui se réclament de la Bible. La Bible serait-Elle à la base de cette division dans le sens qu’Elle provoquerait parce qu’il n’est pas possible de la comprendre tous de la même manière ? Certes non, mais nous reconnaissons là encore l’oeuvre de l’adversaire qui cherche à saper toute entreprise bonne et juste.
La division se situe essentiellement au niveau de la doctrine. Sur ce point, il est réconfortant de constater que des dialogues s’engagent pour étudier à la lumière des Écritures, ce qui doit être laissé, ou modifié, ou adopté, en vue de l’unité de tous ceux qui ont choisi la Bible comme règle suprême et définitive.
LA SINCÉRITÉ ET LA DOCTRINE
Tant que les hommes souffriront de la division, il y aura de l’espoir car ils chercheront à ôter le mal.
Hélas, une attitude aussi pernicieuse que séduisante s’est développée ; nous l’avons déjà dénoncée. Elle tend à laisser de côté l’élément doctrine pour tout miser sur la sincérité. Qu’importe la doctrine que vous professez, pourvu que vous soyez sincère, et vous croyiez au Christ. Si c’est la doctrine qui nous divise, écartons-là de nos préoccupations. Que chacun adhère à la doctrine qui lui convient le mieux et qu’il apporte ce qu’il a de meilleur à la cause commune.
Dans ce genre d’arrangement, celui qui insiste trop sur des points doctrinaux, est considéré comme un sectaire, un doctrinaire et un dangereux perturbateur de la paix retrouvée. Pourtant, si nous lisons la Bible, nous y rencontrons tout un corps de doctrine proposé à notre foi à notre vie.
Dès le premier verset de la Bible, une Vérité, une doctrine est déclarée. Écoutez Jésus qui parle à la femme Samaritaine ; (Jean 4) ou l’apôtre Pierre s’adressant aux Juifs à Jérusalem ; (Actes des Apôtres 2) ou l’apôtre Paul s’adressant aux philosophes d’Athènes ; (Actes des Apôtres 17). La vie est présentée comme devant être fondée sur la doctrine, sur la vraie doctrine. Et le salut dépend de notre soumission à cette doctrine.
Mais, si nous décidons de fermer les yeux sur la doctrine, de ne jamais en discuter, et de faire de la sincérité virtuellement le seul critère de la religion chrétienne, il ne reste plus de l’Évangile qu’un message fade, dilué, ne présentant plus que de vagues généralités. Une contrefaçon. Une caricature.
Je viens d’assister ces jours-ci à une campagne d’évangélisation organisée par plusieurs groupes dont la conception de l’unité est celle que je viens d’expliquer. L’évangéliste sur l’estrade, vers la fin de son exposé, exhorta l’auditoire à se tourner vers le Christ, seul espoir du monde. C’est là le but de toute prédication de l’Évangile. Pour appuyer ses arguments, il référa l’auditoire au chapitre deux du livre des Actes des Apôtres qui raconte la conversion des premiers chrétiens.
Il rappela que l’apôtre Pierre avait prouvé aux Juifs que Jésus était bien le Messie qu’ils attendaient, et comment la foule fut vivement touchée au point de poser cette question importante entre toutes : « Hommes frères, que ferons-nous ? » L’évangéliste insista beaucoup sur la gravité et l’importance de cette question. “Et que répondit l’apôtre Pierre ?” demanda l’évangéliste – et sans ouvrir sa Bible il clama dans le micro : « Repentez-vous et vous recevrez… Repentez-vous et vous
recevrez… » Il répéta cette même phrase plusieurs fois encore.
Finalement il signala qu’à la sortie il serait distribué un formulaire de sorte que si quelqu’un désirait concrétiser sa conversion à Christ, il lui suffirait de signer son nom sur le formulaire après l’avoir dûment rempli.
Concrétiser une conversion à Christ en remplissant un formulaire ! J’étais atterré.
Comment cet homme pouvait-il prêcher un évangile pareil et tordre l’Écriture de cette
manière. Car, vous le savez bien, à la question des Juifs, Pierre répondit clairement : « 38 Repentezvous et que chacun de vous soit baptisé au nom de Jésus-Christ pour le pardon de vos péchés et vous recevrez le don du Saint-Esprit., » (Actes des Apôtres 2, 38)
Mais, pour cet évangéliste, prisonnier des principes de son organisation, citer ce verset-là tel qu’il figure dans l’Écriture, donner à cette question toujours actuelle la même réponse que l’apôtre Pierre, aurait signifie soulever un point de doctrine que tout le monde n’accepte pas. Il était plus prudent de l’écarter et de changer le verset d’une manière qui serait plus apte à plaire.
Il est plus facile de faire remplir un formulaire que de dire comme Pierre : « Repentez-vous et que chacun de vous soit baptisé au nom de Jésus-Christ pour le pardon de vos péchés. » Qu’importe si toutes les conversions rapportées dans le Nouveau Testament démontrent la nécessité du baptême – c’est une doctrine qui risque de diviser, alors passons-la sous silence.
Mes chers amis, si mon ton est amer, c’est que je suis sorti de cette réunion-là profondément attristé et révolté – affermi aussi dans ma conversion que jamais je ne voudrais d’une unité fondée sur de telles bases. Elle a pourtant de nombreux promoteurs.
Que le Seigneur nous aide à comprendre que sa Parole et ses exigences ne correspondent pas toujours aux penchants de notre nature, ni aux directives de notre raison ; et qui si nous voulons lui être agréables, et voir la lumière, il faut nous laisser bousculer par Lui dans notre façon de concevoir les choses.
Que ceux qui s’appuient sur sa Parole pour diriger leur vie, demeurent fermes et inébranlables dans la foi. Puissent-ils respecter la Parole jusqu’au bout ; ceux-là sont plus nombreux que nous le pensons. Ce sont les vrais artisans de l’unité véritable… celle de l’Esprit par le lien de la paix.

